1. Sécurité et lieu de construction

  Avant de se lancer à proprement dit dans la construction, il importe de choisir judicieusement un lieu d'implantation qui doit permettre de respecter des règles strictes de sécurité.

 

  • Choix de l'emplacement d'une centrale EDF

Les centrales doivent être proches de la mer ou d'un cours d'eau, car elles ont besoin pour fonctionner de refroidir leurs installations.

Le choix de la puissance de la centrale se décide par rapport à l'endroit où elle va être implantée: par exemple des réacteurs puissants sont implantés dans la Vallée du Rhône pour les besoins de l'industrie de la région.

Il faut aussi que le sol soit assez dur pour supporter le poids des installations de la centrale et que la centrale ne soit pas à proximité d'installations industrielles à risque (par exemple les usines chimiques) car si un incident ou un feu se déclare, la situation pourrait s'aggraver à cause des produits chimiques qui sont dans ces usines.

  

  •  Périmètre de sécurité  

 

  Le périmètre de sécurité s'étend sur 10 km autour de chacune des 19 centrales de France. Ce périmètre est établi par le Plan Particulier d'Intervention (PPI)

En cas d'accident nucléaire, les riverains habitant et travaillant dans ce périmètre sont mis à l'abri c'est à dire qu'ils se réfugient dans un bâtiment en dur et ferment fenêtres et portes.

Tous les ans une campagne de distribution de médicaments d'iode est organisée pour la population se trouvant dans ce périmètre.

Les iodes radioactifs qui sont rejetés lors d'un incident menacent particulièrement la thyroïde

Les médicaments d'iode une fois ingérés saturent la Thyroïde. Et ainsi les iodes ne peuvent plus se fixer sur la thyroïde.

 

  • Règles de sécurité

 

  L'Agence Internationale de l'Énergie Atomique (AIEA) contrôle et soumet les centrales à des normes de sécurités très strictes. Nous verrons un autre organisme qui comme l'AIEA s'occupe de la sécurité d'une centrale (cf 3.Les métiers d'une centrale)

Toutes les centrales nucléaires sont construites selon le principe des poupées russes: le cœur de la centrale est entouré de plusieurs enveloppes étanches. Ce sont autant de barrières destinées à empêcher l'émission de radioactivité en cas d'incident.

Vue externe d'une centrale
Vue externe d'une centrale

Voici donc les différentes couches qui protègent le réacteur d'une centrale

 




 

Si un incident ou un défaut est détecté l’objectif premier est d’arrêter immédiatement la centrale, de sécuriser son réacteur et la découpler du réseau.

Bien sûr on respecte les règles de sécurité classiques : par exemple seuls les employés sont autorisés à accéder au réacteur, etc...

 

 

Une fois que la localisation a été choisie et les règles de sécurité définies, le projet doit être soumis à autorisation et financé.

 

 

2. Contraintes et budget

 

Comment est accordée une autorisation pour construire une centrale nucléaire?

 

L'autorisation de construire une installation nucléaire en France est d'abord soumise à l'évaluation de sa sureté nucléaire (Autorité de Sûreté Nucléaire).Un haut niveau de sûreté et de transparence sont nécessaires.

La maîtrise et la prévention des risques technologiques constituent un impératif. En 2005, leur importance a été réaffirmée avec la publication de la charte de sûreté qui contribue à l'homogénéisation des pratiques et au partage des savoir-faire. La sûreté de ses installations nucléaires, mené par des inspecteurs internes au groupe EDF et externes, appartenant aux autorités nationales de sûreté.

2008 a été une année riche en événements qui ont amené à renforcer la sécurité des centrales et à identifier 4 axes principaux de progrès:

  1.  renforcer la culture de la sûreté en incluant les sous-traitants,
  2. être vigilant en cas de situation de fonctionnement transitoire (chantier…),
  3.  améliorer l’exploitation des signaux faibles,
  4.  s’entrainer à répondre aux situations de crise ne présentant pas de danger pour les personnes ou l’environnement

 

Quel est le budget requis pour construire une centrale nucléaire ?

 

Pour comparer nous allons prendre l'exemple de deux centrales nucléaires: la centrale de Fessenheim, dont la construction a été autorisée en 1970, et qui a coûté un peu plus d'un milliard d'euros et la centrale Super phénix, dont le prix de construction a été très élevé. En effet il fut de 10 milliards de francs (1,5 milliards d'euros) malgré une prévision de 4 milliards de francs (6 millions d'euros). C'est EDF ou AREVA qui payent ces constructions.

Le véritable défi réside dans les hauts coûts d'investissements à fournir au début de la construction de la centrale

 

 

Quel est le temps de construction d'une centrale nucléaire?

La construction se déroule en 2 phases clés:

 

  • L'avant-projet

 

  Les grandes idées de base du projet sont définies (architecture, position, dimension, organisation intérieure…). Par exemple la centrale de Gravelines, pour refroidir ses réacteurs utilise l'eau de la mer près de la centrale ce qui est très économique. Cela permet aussi de respecter les règles écologiques. Par exemple l'eau rejetée dans la mer ne doit pas dépasser les 10°C.
Parallèlement, une étude du site est menée pour déterminer l'emplacement exact idéal et la conformité du site avec les critères requis, puis une procédure administrative est mise en place pour obtenir un décret d’autorisation de création.

  • Les études de réalisation  

Elles vont jusqu'à la réalisation des plans d'exécution et se prolongent pendant toute la durée de construction de la centrale.

En France, la législation n'impose pas de durée maximale pour l'exploitation des centrales. En revanche, elle prévoit un réexamen de sûreté tous les dix ans, selon la loi du 13 juin 2006 relative à la transparence et à la sûreté en matière nucléaire. L'autorité de sûreté nucléaire est chargée des inspections des installations nucléaires. Elle peut à tout moment, en cas de risques graves et imminents, arrêter une installation. Mais la décision d'arrêt définitif d'une centrale relève des ministres (de l'industrie et de l'environnement) en charge de la sûreté nucléaire. Actuellement, la moyenne d'âge des centrales françaises est de 23 ans, et la plus vieille en activité est celle de Fessenheim, mise en service en 1977. Au niveau mondial, moins de dix réacteurs dépassent 40 ans.

 

 

3. Les métiers d'une centrale

Les métiers d'une centrale nucléaire sont bien distincts et variés, mais ils sont tous centrés sur une même mission, la prise en charge de la centrale. Le niveau scolaire de chaque métier est différent on peut trouver des salariés ayant un niveau détude de bac +2 à bac +8.

  

• Agent de la protection de site
• Assistant technique
• Automaticien
• Chargé d'affaires en mécanique et chaudronnerie
• Chargé de la prévention des risques
• Chargé des contrôles essais-statiques
• Chef d'exploitation
• Chimiste
• Contrôleur environnement
• Électricien
• Gestionnaire de déchets
• Informaticien industriel
• Ingénieur Environnement
• Ingénieur sûreté
• Mécanicien
• Opérateur, pilote de centrale
• Agent de terrain d’exploitation
• Technicien chargé de la manutention du combustible

• Technicien radioprotection

 

Trois métiers de la liste ci-dessus vont vous être présentés ci-dessous, ils sont choisis parce quils sont en étroite liaison avec le domaine de la chimie, discipline essentielle dans le fonctionnement dune centrale nucléaire.

Comme chaque métier de la centrale, ce sont des postes très importants qui participent à l'équilibre de la centrale nucléaire.

 

Ingénieur sûreté :

 

L'ingénieur en sûreté est responsable du bon fonctionnement et, comme l'indique son nom, de la sûreté nucléaire. Une autorité de sûreté nucléaire existe pour fixer des règles à respecter, l'ingénieur doit vérifier que ces règles sont bien appliquées par les professionnels. Il inspecte aussi les installations du personnel qui exploitent la centrale et s'assure donc que le niveau de sécurité est au rendez-vous. Attention, ce ne sont pas que les Ingénieurs qui doivent s'impliquer dans la sécurité des centrales nucléaires mais aussi tous les autres employés.

 

 

Technicien radioprotection :

 

Le technicien radioprotection veille à la sécurité et à la propreté radiologique de la centrale et des intervenants. A chaque étape de leur travail, il y a des contrôles qui permettent d'empêcher la dispersion de radioactivité dans l'environnement. Nous avons vécu ce moment lorsque nous avons visité la centrale, nous devions passer plusieurs portiques en validant une carte qui nous avait été prêtée (c'était drôle). Avant de pouvoir rentrer dans la centrale, il y a plusieurs phases de préparation c'est pourquoi la zone contrôlée a été reproduite pour que les techniciens de radioprotection puissent s'entraîner (sur les multiples possibilités de contamination..)

 

Chimiste :

 

Le chimiste exerce son activité au cœur de la centrale nucléaire. Sa mission consiste à effectuer des mesures et des analyses sur les circuits de la centrale pour surveiller notamment les caractéristiques physico-chimiques et radio-chimiques des fluides : eau, vapeur…

 

Enfin, ASN (autorité de sûreté nucléaire) a un lien avec tous les métiers d'une centrale nucléaire puisque cette autorité fixe des règles de sécurité que les fonctionnaires doivent suivre et vérifier. L'autorité de sûreté nucléaire réalise environ 500 inspections chaque année, certaines sont annoncées d'autres sont inattendues. La plupart du temps, deux inspecteurs interviennent quelques jours sur un thème particulier comme les règles incendies ou le bon respect des règles de préservation de l'environnement.