Intro : Nous sommes allés visiter la mine de Lewarde avec toute la classe pendant notre voyage à Dunkerque. Cette mine est aujourd'hui fermée et a été transformée en musée. Nous avons tout de même recueilli le témoignage d'un ancien mineur de la mine, que nous vous livrons ici.

La seconde 4 est descendue dans la mine
La seconde 4 est descendue dans la mine

Lundi le 12 mars 1931,

Je m'appelle Gaston et je suis mineur.

De bon matin, je me lève à 5 heures du matin, j'allume un petit feu dans le foyer pour me réchauffer,

ainsi que mes six enfants. Je m'habille rapidement, je mange un bout de pain avec de l'eau et je pars à la mine de Lewarde après avoir enfilé mon blouson. Au bout de 30 minutes de marche dans le froid glacial, j'arrive au travail. Il est 6 heures je suis encore frigorifié de chaque coup de vent que je viens d'affronter. 

La salle des pendus
La salle des pendus

Je me dirige vers la salle des pendus ( voir photos ci-dessous) où je commence à mettre mes vêtements de travail, que j'ai dû me payer moi même. Pour pouvoir me les payer j'ai dû prendre beaucoup de risques et faire des sacrifices (j'ai dû me priver de nourriture et mes enfants aussi). Je vais chercher ma lampe-torche puis j'attends mes collègue de travail pour descendre à la mine. Me voilà donc dans l'ascenseur de la mine avec tous mes collègues, nous sommes tout serrés, nous descendons au dernier palier de la mine et nous prenons nos outils de travail. Je n'ai pas oublié de mettre mon casque, d'amener un chariot et de m'attacher un linge sur le visage pour me protéger de la poussière. Je me dirige vers mon emplacement et je commence mon travail.

 

 

Je tiens à préciser que je travaille dans la poussière, le dos plié et avec la peur à chaque coup de pioche que le plafond me tombe dessus. Pendant plus de cinq heures, je trime dans des conditions extrêmes: la chaleur est insupportable, je transpire, la terre me tombe dessus et les bruits me font mal à la tête. J'ai l'impression d'être en enfer, car il fait sombre et les lumières qui nous éclairent me paraissent des flammes. Heureusement que je me protège de la poussière, sinon je pourrais attraper une maladie des poumons comme la silicose. La silicose est une maladie pulmonaire provoquée par l'inhalation de fines particules.

A midi, tout le monde sort de la mine pour manger son repas, si on peut appeler ce qu'on mange un repas, car nous ne mangeons qu'un bout de pain avec de l'eau. Au bout de 20 minutes nous devons retourner dans la mine et recommencer à travailler. Plus les heures passent, plus les bruits et la poussière deviennent insupportables. Le débit sonore est tellement fort qu'un jour je deviendrai sourd. En fin de journée, je me dirige vers le fond de la mine avec mon chariot et retrouve mes collègues. Nous commençons par récupérer tout le charbon que nous avons collecté à l'aide d'une pelle. Après quoi, nous regroupons toutes nos trouvailles.

Nous gagnons 13 francs par bout de charbon ramassé. A 20 heures, je finis de travailler après 11 heures de travail intensif.

Jusqu'à aujourd'hui j'ai eu de la chance et j'en remercie dieu, je n'ai jamais eu d'accident. Mais il y en a de nombreux pour différentes causes : des éboulements, des explosions ...

Pour les explosions nous avons un moyen très pratique d'empêcher le feu de se propager : nous mettons des bacs d'eau au plafond au fur et à mesure que nous progressons.

 

Bon, je vous laisse, je vais me coucher, car demain une dure journée de travail m'attend.